Un observatoire des transformations du commerce
Au cœur de l’événement, les étudiants du Master Marketing & Stratégie de Université Paris Dauphine – PSL ont présenté leurs travaux, fruit de plusieurs mois d’analyse.
Au total, 120 étudiants ont analysé plusieurs centaines d’innovations issues de quatre grands secteurs du commerce, pour en retenir 20 finalistes. Cinq d’entre elles ont été distinguées lors de la cérémonie, chacune dans sa catégorie (services d’aide à la vente, concepts de vente, opérations commerciales, pratiques responsables et stratégies relationnelles).
Le livre blanc publié à cette occasion propose une lecture structurée des mutations du secteur, à partir de ces travaux.
Des tendances de fond qui redessinent le commerce
Au-delà des projets récompensés, l’édition 2026 met en lumière six tendances structurantes qui traduisent les mutations profondes du commerce.
Le commerce dépasse désormais la simple transaction pour devenir une véritable infrastructure du quotidien. Les entreprises ne se contentent plus de vendre : elles organisent des usages, facilitent des parcours et proposent des services qui s’inscrivent dans la vie de tous les jours.
Dans le même temps, les enseignes mobilisent davantage des références culturelles, artistiques ou sociétales. Cette “culturalisation” du commerce leur permet de renforcer leur identité, de créer de l’émotion et de tisser des liens plus forts avec leurs clients.
Autre évolution marquante : la montée en puissance de l’éducation et de la transmission. Face à la complexité croissante des offres, les marques jouent un rôle d’accompagnement, en apportant de la pédagogie, de la transparence et des clés de compréhension pour éclairer les choix des consommateurs.
Le commerce s’affirme également comme un créateur de lien. Les points de vente et les dispositifs proposés deviennent des lieux d’expérience, de rencontre et parfois même d’apprentissage, où la relation dépasse largement l’acte d’achat.
La technologie, de son côté, entre dans une phase de maturité. Moins démonstrative, elle s’intègre de manière plus fluide dans les parcours : elle devient un outil discret, au service des équipes et de la relation client, plutôt qu’un élément central mis en avant.
Enfin, les innovations observées traduisent une exigence croissante de transition écologique et sociale concrète. Au-delà des discours, les initiatives cherchent à produire des effets mesurables, en transformant les pratiques, les modèles et les usages.
Une lecture en résonance avec le modèle coopératif
Ces évolutions font directement écho aux enjeux portés par le commerce coopératif et associé.
Dans un contexte de transformation accélérée, marqué par la digitalisation et l’essor de nouveaux modèles, les tendances mises en lumière lors des SCOPS confirment un point clé : la relation humaine, la proximité et la création de valeur dans la durée restent des facteurs déterminants de performance.
Des éléments qui s’inscrivent pleinement dans les fondamentaux du modèle coopératif, fondé sur l’ancrage territorial, l’indépendance des entrepreneurs et la relation directe avec les clients.

La présence, au sein du jury, de plusieurs dirigeants du commerce coopératif et associé, dont Olivier Urrutia, délégué général de la FCA, Pierre Fournier, ancien président de Krys, et Emmanuelle Bahuaud, directrice générale de Céraclès Coopérative, illustre cette proximité entre les analyses produites et les réalités du terrain.