Les chiffres sont sans équivoque. Entre 68 000 et 70 000 entreprises ont fait défaut en France en 2025, un niveau jamais atteint jusqu’ici.
La Banque de France, à partir de sa base statistique FIBEN, recense précisément 68 296 défaillances cumulées sur douze mois à fin novembre 2025. De son côté, le cabinet Altares, spécialiste des données économiques B2B, estime que le total annuel 2025 avoisine les 70 000 procédures collectives (sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires).
Ce record doit toutefois être lu avec discernement. Il marque aussi la fin d’une période atypique, durant laquelle les dispositifs publics mis en place pendant la crise sanitaire avaient fortement contenu les défaillances. Le niveau observé en 2025 correspond ainsi à un rattrapage, mais aussi à un nouveau point d’équilibre, durablement plus élevé qu’avant-crise.
Sur le plan de la dynamique, l’année 2025 reste marquée par une progression des défaillances, mais à un rythme plus modéré. Selon Altares, 17 845 procédures ont été ouvertes au 1er trimestre, 16 586 au 2e, 14 371 au 3e trimestre – un niveau inhabituellement élevé pour une période estivale – puis environ 19 000 au 4e trimestre, portant le cumul annuel à un niveau record.
La Banque de France observe parallèlement un ralentissement de la hausse en glissement annuel, autour de +4,4 % à fin novembre, suggérant une possible stabilisation, sans pour autant un retour rapide à la normale.
Commerce : une résistance relative dans un contexte dégradé
Derrière ces chiffres, une constante se confirme : les plus petites entreprises restent les plus exposées. Les défaillances concernent majoritairement des TPE et micro-entreprises, en particulier celles de moins de trois salariés, plus vulnérables aux hausses de charges, aux retards de paiement et aux tensions de trésorerie.
Dans ce paysage sous tension, le commerce présente une situation plus contrastée. Si certains segments restent fragilisés, plusieurs activités du commerce de détail affichent une résilience supérieure à la moyenne, notamment dans l’alimentaire et les formats de proximité. L’ancrage territorial, la capacité d’adaptation des modèles économiques et la diversification des canaux de vente expliquent en partie cette résistance.
Au final, l’année 2025 apparaît moins comme un basculement brutal que comme un point haut, révélateur des fragilités accumulées ces dernières années. Pour 2026, l’enjeu sera moins d’attendre un retournement conjoncturel que de renforcer l’anticipation, la gestion financière et l’adaptation des modèles, dans un environnement qui restera contraint.
Pour aller plus loin
Consulter :
- l’Étude de défaillances et sauvegardes des entreprises en France – T4 et bilan 2025 publiée par le cabinet Altares ;
- le dernier bilan statistique de la Banque de France (novembre 2025).