Une croissance modérée mais durable
Selon le scénario central retenu par la Banque de France, l’économie française poursuivrait sa progression sur l’ensemble de la période de projection. La croissance du produit intérieur brut atteindrait 0,9 % en 2025, puis se stabiliserait autour de 1,0 % en 2026 et en 2027, avant de s’établir à 1,1 % en 2028.
Cette trajectoire correspond à une croissance modérée, proche de son potentiel. Elle reposerait principalement sur la demande intérieure, avec une contribution croissante de la consommation des ménages à mesure que les effets de l’inflation passée s’estompent. L’investissement privé évoluerait également de façon progressive, dans un contexte de conditions financières plus stabilisées qu’au cours des années précédentes.
Un net reflux de l’inflation, puis une convergence progressive
L’évolution de l’inflation constitue l’un des enseignements majeurs de ces projections. Après une inflation moyenne de 2,3 % en 2024, celle-ci reculerait nettement en 2025 pour s’établir autour de 0,9 %. Cette baisse marquée s’expliquerait principalement par le repli des prix de l’énergie et par la normalisation progressive des coûts de production et d’approvisionnement.
À moyen terme, l’inflation repartirait modérément à la hausse, sans retrouver les niveaux observés lors des pics récents. Elle convergerait progressivement vers un niveau proche de l’objectif de stabilité des prix, pour atteindre environ 1,8 % en 2028. L’inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, resterait quant à elle contenue sur l’ensemble de la période, autour de 1,6 à 1,7 %, traduisant une modération durable des pressions inflationnistes domestiques.
Un marché du travail en ajustement transitoire
Les projections de la Banque de France font apparaître une évolution plus contrastée du marché du travail. Après plusieurs années de forte résilience de l’emploi, le taux de chômage augmenterait légèrement en 2026. Cette évolution s’expliquerait par le décalage habituel entre le ralentissement de l’activité économique et ses effets sur l’emploi.
Cette hausse serait toutefois temporaire. À partir de 2027, le taux de chômage amorcerait un repli progressif, pour s’établir autour de 7,4 % à l’horizon 2028. Cette trajectoire serait cohérente avec la reprise graduelle de l’activité et la stabilisation des grands équilibres macroéconomiques.
Un scénario de normalisation progressive
Dans leur ensemble, les projections de décembre 2025 esquissent un scénario de sortie progressive de la période de fortes turbulences économiques observée ces dernières années. La combinaison d’une croissance modérée mais continue, d’une inflation désormais sous contrôle et d’un marché du travail en voie de rééquilibrage constitue le socle du scénario central retenu par la Banque de France.
Si des aléas subsistent, notamment d’ordre géopolitique, énergétique ou financier, ces projections offrent néanmoins un cadre macroéconomique plus lisible à moyen terme pour appréhender les grandes tendances de l’économie française.
Pour aller plus loin
Consulter l’intégralité des projections de la Banque de France.
