Transmission–reprise : 370 000 entreprises à saisir d’ici 2030

Publié le : 1 décembre 2025

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Bpifrance Le Lab, en partenariat avec CCI France, CMA France et le C.R.A, vient de publier une étude majeure sur la transmission-reprise des entreprises françaises. D’ici 2030, près de 40 % des TPE-PME-ETI d’au moins un salarié envisagent une transmission, soit 370 000 entreprises et près de 3 millions d’emplois potentiellement concernés. Un enjeu considérable, encore freiné par un marché peu transparent et un manque d’anticipation.

L’étude menée auprès de plus de 5 000 dirigeants met en évidence une réalité double : un potentiel inédit de transmissions au cours des cinq prochaines années, mais aussi une incapacité du marché à absorber pleinement cette vague.

D’ici 2030, le potentiel de transmission est considérable : l’étude estime que 310 000 TPE, 58 000 PME et 1 200 ETI pourraient changer de mains, soit un total de 370 000 entreprises.

Pourtant, au rythme actuel, seules 130 000 transmissions seraient réellement susceptibles d’aboutir dans les cinq prochaines années, un niveau très inférieur au vivier existant. Aujourd’hui, environ 26 000 entreprises d’au moins un salarié sont transmises chaque année, un volume insuffisant pour absorber la vague de cessions attendue.

Certaines filières apparaissent particulièrement exposées, notamment le tourisme, ainsi que le commerce, les services et le transport.

Un parcours de transmission encore trop complexe

Plusieurs obstacles structurels freinent encore la transmission : des freins psychologiques importants, un manque d’anticipation généralisé, la difficulté à identifier un repreneur crédible, des obstacles financiers persistants du côté des repreneurs, et un marché souvent opaque, reposant sur des réseaux informels. Ces facteurs se combinent pour expliquer l’écart entre intentions de cession et transmissions réellement réalisées.

Malgré cela, les transmissions qui aboutissent sont largement positives : 70 % des repreneurs déclarent avoir atteint les objectifs fixés, et les reprises menées par des anciens salariés figurent parmi les plus performantes.

Un profil de cédants en pleine évolution

Le profil du cédant évolue. Si le départ à la retraite reste un motif important, l’étude montre l’émergence d’une nouvelle catégorie de dirigeants, plus jeunes, qui souhaitent changer de rythme, se reconvertir ou réorienter leur parcours professionnel. La transmission devient alors autant un choix de vie qu’une étape de fin de carrière.

La préparation reste toutefois très insuffisante : parmi les dirigeants envisageant une cession à plus d’un an, 70 % n’ont engagé aucune démarche concrète. Beaucoup demeurent dans une phase exploratoire faute de temps, d’accompagnement ou de visibilité sur l’après-cession.

Dans leurs critères de choix, les cédants privilégient avant tout la continuité : 48 % accordent la priorité à la pérennité de l’entreprise et au maintien des emplois, devant même le prix de cession. Les qualités humaines du repreneur (40 %) et ses compétences (38 %) constituent également des critères déterminants

Pour aller plus loin

Consulter l’étude complète.