Pour le centre E.Leclerc de Granville comme la station SNSM Granville-Îles Chausey, le partenariat relève de l’évidence. « J’ai repris le centre E.Leclerc en 2018 à Didier Levionnais, mais lui et moi avons toujours soutenu la SNSM », rappelle Maël Le Moal. L’histoire commune s’est intensifiée en 2017, lorsque le magasin lance la première opération d’arrondi en caisse au bénéfice des sauveteurs en mer. « La démarche a ensuite essaimé auprès d’autres magasins indépendants, surtout côtiers », souligne-t-il. Aujourd’hui, le don peut se faire en caisse, au terminal de paiement ou même en ligne via le Drive, complété par un abondement du magasin. Les bénévoles s’invitent aussi parfois dans la galerie, où ils proposent des produits siglés pour sensibiliser le grand public et collecter des fonds supplémentaires.

Côté SNSM, Erwan Le Roux, qui a pris récemment la présidence de la station, le dit avec simplicité : « Je suis avant tout un équipier. » Si le départ de son prédécesseur l’a conduit à endosser à son tour la responsabilité, il salue « les grands projets de rééquipement de la station » menés pendant son mandat. Il hérite ainsi d’un outil opérationnel renforcé : un canot tout temps « indispensable pour des missions plus longues et dans un port qui accueille des navires de pêche », et un semi-rigide qui facilite les missions autour de l’archipel de Chausey. « Tous ces moyens sont patronnés par des équipages bénévoles formés et expérimentés, je les en remercie car sans eux notre mission ne pourrait se faire. » Ne manque plus qu’un local adapté. « Ce sera l’un des objectifs de ma présidence », affirme-t-il.
Pour Maël Le Moal, le soutien à la SNSM est ancré dans l’histoire familiale. « Mon arrière-grand-père était terre-neuva. Il a péri en mer. La conscience de la dangerosité de la mer n’a jamais quitté ma famille. » Au-delà, il revendique un rôle de commerçant ancré dans son territoire :
« Créer du lien social, encourager la solidarité locale, c’est de mon ressort. »
Le modèle coopératif E.Leclerc a amplifié cet engagement. « En 2024, 166 magasins se sont mobilisés et ont permis de récolter 395 000 euros. Le partage d’expérience est dans notre ADN », rappelle-t-il.
« C’est ce collectif qui fait notre force et permet à nos projets de changer d’échelle, que ce soit au niveau local, régional ou national. »
Un soutien dont la station mesure chaque jour l’impact. « L’entretien de moyens nautiques professionnels est extrêmement lourd », explique Erwan Le Roux. « Sans ce partenariat, nous ne pourrions pas équilibrer notre budget. Au lieu de nous épuiser à chercher des fonds, nous pouvons nous concentrer sur notre mission : sauver des vies. »
À propos de la SNSM
La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) est une association reconnue d’utilité publique fondée en 1967. Sa vocation première est de secourir les vies humaines en mer. Au niveau national, la SNSM s’appuie sur 10 000 bénévoles. Elle réalise chaque année 10 000 interventions, pour 32 000 personnes secourues à l’aide de 800 moyens de soutiens : canots tout temps, vedettes, semi-rigides… L’association assure également 12 000 formations chaque année. Le bénévolat est au cœur de son action : valorisé à 60 millions d’euros, il correspond à la moitié de son budget. Les 60 millions d’euros restant sont financés pour un peu plus d’un quart par des fonds publics, mais surtout à hauteur de 60 % par la générosité du public et de partenaires. C’est la seule organisation maritime de sauvetage qui ne bénéficie pas d’un budget de l’État. D’où l’importance vitale d’acteurs engagés à ses côtés, à l’image du centre E.Leclerc de Granville.