Le pouvoir d’achat reste la première préoccupation des Français
Réalisé à partir d’indicateurs socio-économiques et d’une enquête Ipsos menée en septembre 2026 auprès de 1 024 personnes, le rapport dresse le portrait d’une société préoccupée par son avenir collectif.
76 % des Français se déclarent pessimistes quant à l’avenir du pays, contre 41 % concernant leur propre avenir. Le pouvoir d’achat demeure leur première préoccupation (40 %, soit 6 points de plus qu’en 2025), devant la santé (36 %) et la situation économique (29 %).
Les difficultés financières restent particulièrement marquées : 44 % des Français déclarent que leur pouvoir d’achat leur permet tout juste de couvrir leurs besoins essentiels, voire ne suffit pas à y répondre. Cette proportion atteint 62 % parmi les catégories socioprofessionnelles les plus modestes et 56 % chez les familles monoparentales.
Ces résultats témoignent de contraintes budgétaires persistantes pour les ménages, qui pèsent notamment sur leurs capacités de consommation.
Le vieillissement de la population transforme les besoins économiques
Consacrée cette année aux évolutions démographiques, l’analyse du CESE met en évidence les conséquences de la baisse de la natalité et de l’allongement de l’espérance de vie sur l’économie française.
Interrogés sur les causes du recul des naissances, les Français citent d’abord le coût de la vie (56 %), devant les incertitudes économiques et géopolitiques (36 %) et les difficultés d’accès au logement (26 %).
Ces transformations soulèvent également des inquiétudes quant au financement du système de santé (54 %) et des retraites (51 %), mais aussi au risque de ralentissement économique (33 %) et à la diminution du nombre d’actifs (32 %).
Pour répondre à ces défis, 75 % des personnes interrogées privilégient la revalorisation des métiers en tension, tandis que 45 % souhaitent une augmentation du taux d’emploi. Le CESE souligne également l’importance de l’apprentissage, de l’alternance, de la formation tout au long de la vie et de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
Autant de leviers qui font écho aux enjeux de recrutement, de formation et de renouvellement des compétences rencontrés par les entreprises du commerce.
Le maintien des commerces de proximité, une attente forte face au vieillissement
Autre enseignement particulièrement intéressant pour le secteur : 45 % des Français considèrent le maintien des commerces et services de proximité comme une priorité pour mieux répondre aux besoins des personnes âgées.
Cette attente arrive juste derrière le développement de logements permettant le maintien à domicile (51 %) et devant les habitats partagés (40 %).
Alors que près des trois quarts des Français ne souhaitent pas vivre en établissement en cas de perte d’autonomie, ces résultats rappellent le rôle essentiel des commerces de proximité dans la vie quotidienne, l’autonomie des personnes âgées et le maintien du lien social.
Pour les réseaux du commerce coopératif et associé, présents dans de nombreux territoires, ces évolutions posent également la question de l’adaptation des offres et des services à une clientèle vieillissante, ainsi que celle du maintien d’une activité commerciale accessible au plus grand nombre.
Au-delà des enjeux de financement de notre modèle social, le CESE invite ainsi à repenser les solidarités et les réponses économiques face aux mutations démographiques. Des transformations qui concernent aussi bien les politiques publiques que les entreprises et les territoires.