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Publié le 05 avril 2021
Giphar est aujourd’hui le 1er réseau de pharmacies sous enseigne avec plus de 1350 officines réparties sur l’ensemble du territoire. Philippe Becht, président du directoire, revient sur les spécificités du groupement, sa gestion de la crise sanitaire actuelle et les perspectives d’évolution.
Philippe_Becht_Giphar_Groupe

Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

Philippe Becht : J’ai débuté ma carrière professionnelle en Allemagne, à la Chambre de Commerce Franco-Allemande, avant de rejoindre les Docks de France. J’ai ensuite exercé des fonctions de direction au sein des supermarchés Match. Après plus de 20 ans dans la grande distribution, j’ai intégré en 2010 le Giphar, premier réseau de pharmacies sous enseigne en France, où j’exerce la fonction de président du directoire.

Pouvez-vous nous présenter votre groupement et ses spécificités ?

P.B. : Giphar est un groupement de pharmaciens créé en 1968 et constitué de 1350 pharmacies adhérentes. Notre groupement est historiquement très proche des valeurs du modèle . Nous sommes majoritairement présents dans les villes de taille moyenne et en région, avec la volonté que nos pharmacies soient perçues comme des lieux de santé, de proximité et de confiance. Une de ses spécificités réside dans le fait qu’un pharmacien ne peut engager son diplôme que dans une seule pharmacie et donc ne détenir la majorité des parts que d’un seul .

Le marché des pharmacies semble particulier.

P.B. : C’est un marché très règlementé, qui connaît de réelles et rapides évolutions. Les grands réseaux nationaux de pharmacies généralistes continuent de bien fonctionner. On assiste aussi à l’émergence de nouveaux groupements avec des positionnements plus spécialisés, autour des produits naturels par exemple. Autre grande tendance, l’arrivée du discount avec de grandes pharmacies dotées d’un très grand espace parapharmacie. Aujourd’hui, le marché s’organise donc à la fois autour du prix, des spécialisations, des grands groupements généralistes ou de groupements régionaux. Autre spécificité, le code de déontologie des pharmaciens n’autorise pas la communication. L'ordre des pharmaciens considère que les pharmacies possèdent chacune une zone de chalandise qui lui est propre, et ne doivent pas communiquer pour solliciter les clients d’autres pharmacies. Des évolutions du code de déontologie sont cependant attendues.

Depuis 1 an, des mesures restrictives sont appliquées en raison de la crise sanitaire. Cette situation a-t-elle eu un impact sur le secteur de la pharmacie ?

P.B. : Le pharmacien étant au cœur du dispositif de santé, ses missions d’accompagnement ont été renforcées et il a - et est - toujours très sollicité. Sur la partie commerce, nous avons finalement été très peu affectés, notre activité ayant continué presque normalement. Seul petit impact, les Français ont été plus vigilants et moins touchés par les virus saisonniers habituels en respectant les mesures sanitaires, ce qui a eu une incidence sur les ventes de médicaments en début d’année. Mais il a fallu nous adapter. Les réunions distancielles se sont généralisées, tant au niveau du réseau que des coopératives. Il est plus difficile de maintenir le lien, les réunions vidéo ne remplaçant pas les échanges que nous avions l’habitude d’avoir entre nous lors des grands forums ou échanges régionaux, un manque exprimé par les adhérents. Les formations sont également réalisées à distance, sauf celles qui nécessitent un apprentissage aux nouveaux gestes essentiels comme pour la vaccination contre la Covid-19. En revanche, dans les entrepôts, tout notre personnel est mobilisé pour assurer la continuité de services et la livraison des médicaments. Nous avons mis en place des process et faisons respecter strictement les règles de distanciation et nous ne déplorons fort heureusement que très peu de contaminations. Nous sommes convaincus que le modèle coopératif est un des facteurs de cette belle résistance à la crise.

Quels sont les objectifs et perspectives de développement ?

P.B. : Nous avons un programme d’évolution de la gouvernance en trois points. Avec le renouvellement de notre Conseil de Surveillance, nous allons découper en 12 régions le groupement (contre 7 actuellement) pour augmenter la proximité entre les adhérents. Nous souhaitons aussi modifier le mode électoral pour être en conformité avec le système de parité au niveau du Conseil de Surveillance, et réaliser un effort important sur la formation des élus. Autre perspective stratégique majeure, nous proposerons un nouveau concept d’officine plus grand et adapté à la demande de bien-être et d’offre en dermocosmétique. Nous développerons également dans ce concept de nouveaux services, ainsi qu’un parcours client digitalisé. Au niveau logistique, nous avons actuellement trois plateformes en France et allons agrandir la plateforme d’Angers en septembre 2021. Nous venons aussi d’annoncer l’ouverture d’une nouvelle plateforme à Dijon, prévue en janvier 2023. En matière d’innovation digitale, nous nous sommes positionnés sur le click and collect avec retrait en pharmacie ou livraison à domicile. Ce service est disponible pour les produits sur ordonnance et nous l’élargirons, à terme, à d’autres gammes. Nous développerons, à partir du mois d’avril, en partenariat avec Medadom, une offre évoluée de télémédecine, service qui s’est fortement développé avec la Covid-19.

Quelle est votre vision du pharmacien d’aujourd’hui ?

P.B. : Pour nous, le pharmacien est un acteur de santé publique de proximité et de confiance qui délivre des médicaments avec un accompagnement et un rôle de conseil à forte valeur ajoutée. Nous retrouvons cette notion de confiance auprès des Français puisque 93 % d’entre eux déclarent faire confiance aux pharmaciens. Les Français apprécient également que les pharmaciens soient les seuls professionnels de santé accessibles sans rendez-vous à moins de 15 min.

L’interdiction de communiquer n’est-elle pas un frein en cette période particulière ?

P.B. : Nous estimons qu’il est nécessaire d’informer la population sur l’offre, qui évolue constamment, notamment sur la spécialisation de certaines pharmacies qui proposent la vaccination, que ce soit contre la Covid-19 ou la grippe, l’accès aux soins de premier recours ou le dépistage de maladies cardio-vasculaires. Le code de déontologie va connaître une évolution qui devrait nous permettre de communiquer sur les nouvelles missions des pharmaciens, comme la vaccination. L’Ordre des Pharmaciens vient récemment de faire évoluer ses règles et nous pourrions bientôt communiquer à travers des campagnes de santé publique. Une première perspective intéressante qui va dégager de nouvelles possibilités.

Giphar Groupe en chiffres :

  • 1968 : année de création du groupement
  • 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020
  • 1350 officines sur le territoire national
  • 1er réseau de pharmacies sous enseigne

 

Crédit photo : Studio Falour