Dans le Jura, un opticien Atol en croisade pour la santé visuelle

Dans le Jura, un opticien Atol en croisade pour la santé visuelle

Publié le : 30 avril 2026

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Opticien et administrateur du groupement Atol, Ted Carret fait preuve d’un engagement total en faveur de la santé visuelle, comme commerçant coopérateur et comme bénévole. Depuis Lons-le-Saunier, il s’attache à repenser la prise en charge de la malvoyance et à imposer un regard nouveau sur l’accompagnement optique.

Une affaire de précision

Jurassien d’origine, Ted Carret se forme initialement à l’école de Morez. Si son premier BTS en instruments d’optique de précision le destinait à la haute technicité, c’est finalement la réfraction et l’examen de vue qui suscitent sa vocation. Son goût pour la mesure et la correction se confirme lors de son service militaire. À l’hôpital de Dijon, lui et un camarade de promotion pratiquent jusqu’à une centaine d’examens de vue par jour. « Cela donne des fondations solides, et des réflexes se mettent place », se remémore-t-il.

Après avoir gravi les échelons dans les magasins de différentes enseignes, et notamment la coopérative Visual, mais toujours comme salarié, la tentation de l’entrepreneuriat l’emporte. « Je ne voulais pas regretter de ne pas m’être mis à mon compte », confie-t-il. En 2002, à 33 ans, il reprend son premier magasin à Lons-le-Saunier et rejoint quelques mois plus tard la coopérative Atol, qui lui ouvre grand ses portes. « L’après-midi même, alors qu’on est en train d’installer l’enseigne au-dessus du magasin, une dame passe, s’exclame “Ah c’est Atol !” et entre », raconte l’entrepreneur. « Je me suis dit : j’ai fait le bon choix. »

Basse vision, un combat pour l’autonomie

Tout au long de sa carrière, Ted Carret fait de la malvoyance son cheval de bataille et se spécialise dans l’accompagnement des déficiences visuelles. Un exemple : la DMLA, ou dégénérescence maculaire liée à l’âge. Si les ophtalmologistes assurent un suivi d’excellence en France sur le versant médical, Ted Carret estime qu’il existe un vide dans l’accompagnement des patients sur le plan de la dégénérescence fonctionnelle. Et elle est loin d’être la seule déficience visuelle concernée : daltonisme, difficulté de lecture face à un trouble dys, migraine ophtalmique… Alors que des solutions existent, leur méconnaissance conduit de nombreux patients à voir leur quotidien s’aggraver faute d’un accompagnement adéquat.

Administrateur d’Atol depuis 2017, et aujourd’hui administrateur délégué à la santé visuelle, une responsabilité qu’il a endossée en 2025 à la demande du président-directeur général Éric Plat, il porte et déploie cette expertise au niveau national, pour l’ensemble du réseau. Déjà 80 magasins ont été formés par ses soins à des solutions innovantes, parfois même révolutionnaires, à l’instar de ces verres capables de dévier la lumière pour venir projeter l’image sur une zone saine de la rétine.

« Notre métier c’est d’abord de faire des examens de vue et d’apporter des solutions techniques. Dans notre formation on ne nous enseigne pas à être marchands de lunettes ! »

Un bénévole du bien voir

Ce militantisme pour le « bien voir » trouve son prolongement logique en 2017 avec la création de l’association Faire Ça Voir (voir ci-dessous), née d’un appel à projet de l’ARS. La structure intervient là où le système de santé s’arrête, en aidant par exemple à financer l’équipement de personnes malvoyantes. En 2025, elle a ainsi aidé 150 personnes à s’équiper, et compte désormais une centaine de relais en France ainsi qu’une antenne en Bretagne.

Faire Ça Voir, œuvrer à l’autonomie du plus grand nombre

Créée en 2017 par Ted Carret, l’association Faire Ça Voir s’est donnée pour but de sensibiliser et d’informer sur les solutions de compensation pour la la difficulté de lecture face à un trouble dys, le daltonisme, la myopie chez les enfants, la malvoyance ou encore la migraine ophtalmique. Autant de handicaps invisibles qui touchent près de 20 millions de Français, et pour lesquels il existe des solutions fonctionnelles encore méconnues et insuffisamment mises en œuvre.

Outre ses missions de sensibilisation et de prévention, l’association participe directement aux financements d’appareillages au bénéfice des patients. L’accompagnement fonctionnel, qui n’est pas remboursé au même titre qu’un accompagnement médical, demeure en effet onéreux. Un obstacle supplémentaire à sa démocratisation.