Une accalmie qui repose encore sur les prix
En 2025, les ventes alimentaires en Europe progressent de 3,4 %, un rythme plus modéré que les années précédentes. Dans le détail :
- +2,9 % liés à l’inflation
- +0,6 % de croissance en volume
- –0,1 % d’effet de report vers des produits moins chers
La pression sur les prix s’atténue, mais la consommation ne redémarre pas réellement. Les volumes restent peu dynamiques, signe que les arbitrages des ménages, installés depuis la crise inflationniste, perdurent.
Des équilibres toujours sous tension
Si les comportements d’achat évoluent peu par rapport à 2024, ils apparaissent en revanche plus contrastés. Le rapport met en évidence une polarisation croissante entre ménages, avec d’un côté une forte sensibilité au prix et, de l’autre, une recherche accrue de qualité et de valeur ajoutée. Cette fragmentation rend plus complexe le positionnement des enseignes.
Dans le même temps, les distributeurs continuent d’évoluer dans un environnement contraint. Les coûts restent élevés, la concurrence demeure intense et les volumes stagnent. Les marges EBIT se stabilisent autour de 2,8 % en 2024 et 2025, mais à un niveau historiquement bas. Cette stabilisation marque davantage un point d’équilibre fragile qu’un véritable rebond.
Des transformations qui s’installent durablement
Face à ces contraintes, les distributeurs accélèrent plusieurs évolutions de fond. Les marques de distributeur continuent de se renforcer, les enseignes cherchent à diversifier leurs activités et les stratégies de consolidation se poursuivent.
Le rapport souligne plus largement que le marché européen de la distribution alimentaire en 2026 sera structuré par huit grandes tendances et quatre opportunités liées à l’intelligence artificielle. Parmi ces tendances, McKinsey & Company met notamment en avant la polarisation durable de la consommation, entre recherche de prix bas et montée en gamme, ainsi que la pression continue sur les coûts et les marges, qui impose des gains d’efficacité accrus.
Côté IA, les opportunités identifiées concernent en particulier l’optimisation des prix, des assortiments ou encore de la supply chain, avec un potentiel croissant d’amélioration de la performance opérationnelle.
Ces évolutions traduisent une transformation progressive mais profonde du modèle de la grande distribution.
Une stabilisation qui marque un changement de phase
Pour 2026, les perspectives restent marquées par des incertitudes, notamment liées aux tensions géopolitiques et à leurs effets potentiels sur les coûts et les chaînes d’approvisionnement.
Au-delà de la conjoncture, le principal enseignement du rapport est clair : la grande distribution alimentaire européenne ne revient pas à son fonctionnement d’avant-crise. La stabilisation observée en 2025 correspond plutôt à une phase de transition, dans un secteur désormais confronté à une consommation plus fragmentée, des marges durablement sous pression et une exigence accrue d’adaptation.