Article mis à jour le 22 octobre 2026
Urgent : point d’alerte
Plusieurs signaux forts confirment un risque de récidive particulièrement élevé le week-end du 24 octobre, avec un haut niveau de probabilité.
À ce stade, en lien avec les efforts nourris de la FCA sur le volet sécurité auprès du ministère de l’Économie et des Finances et du ministère de l’Intérieur, il est recommandé au niveau local que chaque enseigne ou adhérent d’enseigne anticipe et se signale sans attendre auprès des autorités locales, particulièrement si leur commerce se situe en centre-ville, dans une zone sensible ou à proximité d’un parcours de manifestation.
Il est notamment recommandé de prendre contact avec :
- La préfecture, par courrier ou par mail, afin de signaler les dégâts déjà causés, faire remonter tout indice d’une nouvelle menace, connaître les dispositifs de sécurité prévus et demander expressément à y être intégré.
- Le référent sûreté de la Police nationale ou de la Gendarmerie nationale, pour obtenir des informations sur les risques locaux et les mesures de prévention adaptées.
- La CCI de son territoire, pour bénéficier des informations et dispositifs relayés localement en lien avec les services de l’État (contacts à la fin de l’article).
Le ministère de l’Intérieur appelle également les commerçants à prendre dès maintenant toutes les précautions nécessaires, en particulier lorsque leur établissement se situe sur ou à proximité du parcours d’une manifestation déclarée ou interdite, ou dans un secteur susceptible d’être concerné.
Plusieurs mesures de précaution sont recommandées :
- Renforcer la sécurité des établissements : envisager le recours à des agents de sécurité privée, éventuellement accompagnés d’équipes cynophiles, et vérifier le bon fonctionnement des systèmes d’alarme et de vidéoprotection.
- Adapter les horaires d’ouverture : anticiper la fermeture, voire maintenir l’établissement fermé pendant la manifestation et la soirée qui suit, lorsque la situation le justifie.
- Sécuriser les locaux et leurs abords : baisser les rideaux métalliques, protéger les vitrines et rentrer les terrasses, mobiliers, chevalets, enseignes amovibles et tout objet susceptible d’être utilisé comme projectile ou pour constituer une barricade.
- Mettre à l’abri les biens exposés : retirer les poubelles, marchandises, installations, décorations et autres équipements extérieurs susceptibles d’être dégradés.
- Éviter toute mise en danger : en cas de troubles, rester à l’intérieur, ne pas tenter de s’interposer et contacter immédiatement les forces de l’ordre au 17 ou au 112.
- Signaler les objets présentant un risque sur la voie publique : informer rapidement les services municipaux de la présence d’encombrants, de matériaux de chantier ou d’autres objets susceptibles d’être utilisés lors de dégradations, afin qu’ils puissent être retirés.
Ces recommandations visent à anticiper les risques, protéger les salariés et les clients et limiter les dommages matériels en cas de nouveaux troubles.
Les principaux dispositifs de soutien
En plus des mesures nationales obtenues auprès des pouvoirs publics, la FCA, le Crédit Coopératif et SOCOREC se mobilisent également en mettant en place des aides d’urgence ciblées pour accompagner les commerçants touchés par les dégradations.
Activité partielle : une prise en charge intégrale par l’État
Les entreprises contraintes de réduire ou de suspendre leur activité à la suite des dégradations peuvent bénéficier d’un dispositif exceptionnel d’activité partielle, sans reste à charge pour l’employeur.
Les salariés empêchés de travailler percevront une indemnité correspondant à 60 % de leur rémunération brute (100 % pour les salariés rémunérés au SMIC), intégralement prise en charge par l’État.
Ce dispositif est mobilisable dès à présent afin de préserver les emplois dans l’attente de la reprise d’activité.
Une foire aux questions a été publiée sur le site du ministère du Travail et des Solidarités pour préciser les modalités d’accès aux différents dispositifs.
Cotisations sociales : des reports de paiement jusqu’à 12 mois
Le réseau des Urssaf met en place un accompagnement exceptionnel pour les entreprises sinistrées.
Celles-ci pourront bénéficier d’un report pouvant aller jusqu’à 12 mois du paiement des cotisations sociales patronales des trois prochains mois.
Un accompagnement spécifique des commerçants et travailleurs indépendants est également à l’étude, en lien avec leurs représentants et les assureurs.
Fiscalité : des délais de paiement et des remboursements accélérés
Les commerçants directement touchés peuvent solliciter auprès de leur service des impôts des entreprises (SIE) des mesures adaptées à leur situation :
- Des délais supplémentaires pour le dépôt des déclarations et le paiement des échéances fiscales ;
- Un étalement des charges fiscales, sans frais ni majoration ;
- Des remises de pénalités et de majorations.
La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) prévoit également d’accélérer les remboursements de créances fiscales, notamment les excédents d’impôt sur les sociétés et les crédits d’impôt, afin de soutenir la trésorerie des entreprises concernées.
Prêt à taux zéro Bpifrance : jusqu’à 50 000 €
À la demande du Gouvernement, Bpifrance proposera un prêt à taux zéro pouvant atteindre 50 000 €, remboursable sur trois ans.
Ce financement vise notamment à permettre aux entreprises de reconstituer leurs stocks et de faire face à leurs échéances de paiement les plus immédiates.
Les demandes pourront être effectuées sur une plateforme en ligne dont les modalités d’accès restent à préciser.
Fonds de soutien spécifique pour les entreprises de moins de 50 salariés
Le Gouvernement annonce également la création d’un fonds de soutien destiné aux petites entreprises de moins de 50 salariés ayant subi des dommages importants entraînant une perte d’activité.
L’aide prendra la forme d’un montant forfaitaire calculé en pourcentage du chiffre d’affaires, dans la limite de plafonds par entreprise.
Les modalités précises de calcul, les plafonds et les démarches pour bénéficier de cette aide n’ont pas encore été communiqués.
Aide d’urgence des CMA : jusqu’à 1 500 €
Les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) ont activé leur fonds de solidarité, permettant d’accorder une aide d’urgence pouvant atteindre 1 500 € aux professionnels concernés.
Les entreprises peuvent se rapprocher de leur CMA pour connaître les conditions d’attribution et les démarches à effectuer.
Assurances : un délai de déclaration porté à 30 jours
France Assureurs a annoncé plusieurs engagements pour faciliter la prise en charge des sinistres :
- Un délai de déclaration des dommages porté à 30 jours ;
- Un traitement prioritaire des situations les plus sensibles ;
- Le versement d’acomptes immédiats ;
- La prise en charge de la mise en sécurité des locaux ;
- La suppression des franchises par deux assureurs.
Les entreprises concernées sont invitées à contacter rapidement leur assureur afin de déclarer leurs dommages et de vérifier les garanties applicables à leur contrat.
En parallèle, le Gouvernement appelle les établissements bancaires à proposer des solutions adaptées aux entreprises confrontées à des difficultés de financement ou à un manque de liquidités.
Accompagnement des entreprises : les contacts utiles
Plusieurs interlocuteurs sont mobilisés pour orienter les commerçants et les accompagner dans leurs démarches.
Un numéro national dédié aux entreprises en difficulté : 0 806 807 807 (appel non surtaxé)
Ce numéro permet aux entreprises d’obtenir des informations sur les dispositifs de soutien et, si nécessaire, d’être orientées vers un conseiller départemental aux entreprises en difficulté (CDED).
Les conseillers départementaux aux entreprises en difficulté (CDED)
Présents dans chaque département, ils constituent un premier point de contact pour les entreprises fragilisées et peuvent proposer un accompagnement personnalisé dans leurs démarches. Ils sont directement joignables par téléphone : leurs coordonnées sont disponibles sur le site du ministère.
Les chambres de commerce et d’industrie (CCI)
Les CCI sont mobilisées pour recenser les entreprises sinistrées, proposer un accompagnement administratif, un soutien psychologique et faciliter l’accès aux financements. Les coordonnées des cellules d’appui sont disponibles ici.
Les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) : 3006 (numéro unique)
Les CMA ont déployé des cellules de crise locales pour accompagner les professionnels dans leurs déclarations de sinistres, dépôts de plainte et démarches de sécurisation des locaux.
Pour aller plus loin
Consulter :
- le communiqué de presse du Gouvernement du 20 octobre 2026 ;
- la FAQ du Ministère du Travail et des Solidarités ;
- le communiqué de presse de France Assureurs du 19 octobre 2026 ;
- le communiqué de presse de la FCA du 19 octobre 2026.
Cet article sera actualisé à mesure que les modalités d’application des dispositifs annoncés seront précisées.