Fiscalité, simplification et stabilité en première ligne
Entre le 15 avril et le 15 juillet 2026, 65 872 dirigeants ont participé à la consultation « Mobilisation des Entreprises de France – Cap sur 2027 ». TPE et petites entreprises y occupent une place importante : 42 % des répondants n’ont aucun salarié et 35 % en comptent entre 1 et 9.
Le message adressé aux futurs candidats se dessine nettement. 83 % des répondants considèrent la réduction de la fiscalité et des charges des entreprises comme prioritaire. Suivent la réindustrialisation de la France (81 %), la simplification des normes et procédures administratives (75 %), la réduction de la dette et des dépenses publiques (75 %) et la stabilisation des règles fiscales et sociales (74 %).
Des attentes qui traversent largement les secteurs et les tailles d’entreprise. Dans le commerce, le transport et la logistique, par exemple, 86 % placent la baisse de la fiscalité et des charges parmi les priorités, 81 % la réindustrialisation et 76 % la simplification administrative.
Une inquiétude qui dépasse la conjoncture
Derrière ces attentes se dessine surtout un climat de défiance. 82 % des dirigeants se déclarent pessimistes quant aux effets que pourrait avoir la politique économique du prochain président de la République sur leur entreprise, contre 17 % d’optimistes.
Et la projection à cinq ans est particulièrement sévère. Si rien ne change en matière de politique économique, 66 % pensent que leur entreprise se fragilisera, rencontrera de sérieuses difficultés ou fera faillite. Seuls 20 % envisagent un maintien ou un développement de leur activité, tandis que 13 % privilégieraient leur développement à l’étranger plutôt qu’en France.
L’entrepreneuriat lui-même n’échappe pas à ce doute. Invités à conseiller un jeune entrepreneur dans la perspective de 2027, 59 % des dirigeants l’encourageraient encore à créer une entreprise. Mais seuls 20 % lui recommanderaient de le faire en France, contre 39 % à l’étranger. 32 % lui conseilleraient de ne pas créer d’entreprise.
Le quotidien des entreprises nourrit les attentes pour 2027
Cette défiance trouve aussi sa source dans les difficultés rencontrées aujourd’hui. Le niveau des impôts et des charges arrive très largement en tête, cité par 79 % des dirigeants. Suivent le poids des démarches administratives (59 %), les changements fréquents de règles fiscales, sociales ou environnementales (50 %) et le manque de visibilité sur la conjoncture économique (49 %).
Le détail par taille d’entreprise fait toutefois apparaître des préoccupations différentes. Les difficultés de recrutement, citées par 22 % de l’ensemble des répondants, concernent 47 % des entreprises de 10 à 49 salariés et 41 % de celles de 50 à 249 salariés.
Lorsqu’ils doivent spontanément désigner la réforme qui devra absolument être engagée d’ici 2032 pour améliorer durablement la situation des entreprises, 63 % des dirigeants citent les charges et la fiscalité. La réforme du travail et de l’emploi arrive ensuite à 22 %, suivie de la réforme administrative à 21 %.
La consultation précise également les impôts dont la baisse est attendue lors du prochain mandat : 61 % citent l’impôt sur les sociétés, 60 % la CSG, 53 % l’impôt sur le revenu, 45 % la TVA et 41 % les impôts de production.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, ces résultats dessinent plusieurs marqueurs du débat économique. Fiscalité, simplification, stabilité des règles ou encore réindustrialisation : autant de priorités que le MEDEF entend porter dans le débat public et auprès des futurs candidats.
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