Mettre l’IA au service de tous les entrepreneurs
L’enjeu est simple, faire en sorte que l’IA ne soit pas réservée à quelques géants mais qu’elle devienne un outil du quotidien pour nos commerçants et nos entrepreneurs.
Je vois plusieurs leviers.
D’abord, la simplification. Trop souvent, nos entrepreneurs se heurtent à un cadre réglementaire flou ou trop lourd. Nous devons fixer des règles claires, protéger les libertés et permettre l’expérimentation. Sinon, ce sont des solutions étrangères qui s’imposeront. C’est très concret, la vidéoprotection augmentée par l’IA peut aider à prévenir les vols et sécuriser les commerces. La technologie existe déjà mais notre cadre actuel ne permet pas pleinement son usage.
Ensuite, la formation. L’IA ne doit pas être subie, elle doit être comprise et maîtrisée. Cela passe par des formations concrètes, dès l’école et à l’université mais aussi tout au long de la vie, pour permettre à chacun de s’approprier ces outils dans son activité quotidienne.
Enfin, sur l’emploi, je suis convaincu que l’IA est une formidable opportunité. Elle permet déjà à des entrepreneurs de se lancer avec moins de capital, d’automatiser certaines tâches et de se recentrer sur l’essentiel : la relation client, la créativité, le service. Elle transformera des métiers, et elle créera aussi des millions, mieux rémunérés et moins pénibles. Le Forum économique mondial estime ce solde net à 78 millions d’emplois supplémentaires à l’échelle mondiale. En France, les économistes anticipent jusqu’à 500 milliards d’euros de PIB additionnel d’ici dix ans grâce aux gains de productivité.
L’IA peut être un formidable levier d’entrepreneuriat. À condition de faire les bons choix politiques, elle ne remplacera pas nos commerçants, elle les renforcera.
La coopération face au défi de la mondialisation
Le modèle du commerce coopératif et associé est, à mes yeux, l’une des grandes forces de l’économie française. Il combine le meilleur des deux mondes, l’agilité et l’ancrage local d’entrepreneurs indépendants, avec la puissance collective d’un réseau structuré.
Concrètement, cela permet de mutualiser les achats, la logistique, la data, tout en gardant des commerçants qui connaissent leurs clients et leurs territoires. C’est un avantage décisif face à des acteurs intégrés ou à des plateformes internationales. Le succès d’enseignes comme E.Leclerc, Intermarché ou Système U montre que ce modèle est non seulement résilient, mais aussi performant, y compris dans le numérique.
C’est aussi un modèle français de souveraineté économique. Il permet de garder la valeur sur nos territoires, de soutenir l’emploi local et d’éviter une concentration excessive au profit de quelques grands groupes ou acteurs étrangers. Quand E.Leclerc devient le premier e-commerçant de France, ce sont des entrepreneurs indépendants qui réussissent collectivement, et c’est un signal fort.
Pour aller plus loin, l’enjeu est d’accompagner ces réseaux dans leur transformation, notamment sur le digital et l’intelligence artificielle, pour qu’ils restent compétitifs face aux géants internationaux. Cela passe par l’accès aux technologies, la simplification et la capacité à investir ensemble.
Ce modèle montre une chose essentielle, la coopération entre entrepreneurs peut être une réponse puissante aux défis de la mondialisation.
À propos de l’auteur
Âgé de 39 ans, Paul Midy est député de la 5ème circonscription de l’Essonne. Entrepreneur, il a dirigé des entreprises d’envergure nationale et internationale, comme Frichti, pépite de la French Tech ou Jumia, licorne de l’e-commerce à l’international. En parallèle, il créé Paris Digitale, un think tank favorisant l’inclusion de toutes les diversités dans le numérique. En 2019, Paul Midy rejoint La République En Marche en tant que Directeur général du mouvement. En juin 2022, Paul Midy est élu député et intègre la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale où il se consacre essentiellement au numérique. Le développement de La French Tech et la régulation des mondes numériques font partie de ses priorités.
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