Un nouveau podcast pour raconter l’hospitalité coopérative
2 juin 2026
Le marché du reconditionnement gagne du terrain dans de nombreux secteurs. Après l’électronique, l’électroménager ou encore le textile, c’est désormais l’optique qui entend structurer sa propre filière de réemploi à l’échelle nationale.
Réunis fin mai dans un magasin Atol à Paris, opticiens, mutuelles, représentants du monde politique et acteurs de l’économie circulaire ont officiellement lancé la filière française du reconditionnement optique. Une initiative portée notamment par Atol et la société Lunettes de Zac, spécialisée dans la collecte et le reconditionnement de montures usagées. En 2025, la coopérative Atol avait d’ailleurs pris une participation au capital de la jeune entreprise afin d’accompagner son changement d’échelle et le développement d’une filière nationale du réemploi dans l’optique.
Chaque année, entre 13 et 16 millions de paires de lunettes sont vendues en France. Dans le même temps, plusieurs millions de montures inutilisées restent stockées dans les foyers alors qu’elles pourraient être collectées, reconditionnées puis remises en circulation.
Les acteurs de la filière estiment que le marché pourrait représenter jusqu’à 10 % des ventes d’ici à 2030. Pour eux, les conditions semblent aujourd’hui réunies pour accélérer son développement : le cadre réglementaire se précise, les professionnels se mobilisent et les consommateurs se montrent de plus en plus réceptifs aux démarches de réemploi.
Les échanges ont permis d’identifier plusieurs leviers de développement jugés prioritaires pour faire émerger une véritable filière industrielle du reconditionnement optique.
Parmi les principales mesures évoquées figurent la mise en place effective du remboursement des dispositifs médicaux reconditionnés, l’accélération de la labellisation des centres agréés, l’intégration des montures reconditionnées au dispositif 100 % Santé, l’adaptation de la fiscalité pour encourager l’économie circulaire et la création d’un système national de collecte.
Pour les promoteurs du projet, l’enjeu dépasse largement le seul secteur de l’optique. Le développement du réemploi permettrait simultanément de réduire l’impact environnemental de la filière, de créer des emplois locaux non délocalisables et de proposer aux consommateurs des équipements à moindre coût.
La question du remboursement apparaît comme l’un des principaux sujets à venir. Plusieurs parlementaires présents ont plaidé pour une évolution du cadre législatif afin de reconnaître pleinement le réemploi des dispositifs médicaux et de permettre leur prise en charge par l’Assurance maladie.
Selon les défenseurs de cette approche, le remboursement constituerait un levier déterminant pour démocratiser ces solutions, améliorer l’accès aux équipements optiques et contribuer à la maîtrise des dépenses de santé. Une proposition de loi a notamment été déposée afin de sécuriser le cadre juridique du réemploi des dispositifs médicaux et d’en faciliter le développement.
Pour Atol, cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large en faveur de l’économie circulaire et de l’innovation responsable. Elle illustre également la capacité des réseaux coopératifs à accompagner l’émergence de nouveaux modèles conciliant performance économique, responsabilité environnementale et utilité sociale.