Retrouvez cette tribune dans « Repères », le magazine du commerce coopératif et associé.
Dans la brume électrique d’une actualité mordante pour nos activités comme pour nos engagements, déstabilisante aussi bien pour nos vies professionnelles que personnelles, nous devons aller chercher ce qui nous rend plus forts, plus confiants, plus solidaires. Coopérateurs, nous avons entre les mains tout ce qu’il faut : la pertinence d’un principe, l’efficacité d’une organisation.
Coopérer sera toujours le meilleur moyen d’assurer le développement personnel et collectif du plus grand nombre. L’histoire de l’humanité est tissée de ces aventures : entre espèces, entre milieux naturels, entre individus, entre peuples, entre organisations. Bien sûr, les guerres de toutes sortes, les conquêtes brutales, les affrontements sont aussi le lot commun de notre civilisation mais elles ne peuvent prétendre incarner le progrès linéaire de notre condition humaine.
Assumons la fierté d’incarner un modèle qui rend à l’humanité ce qu’elle a de meilleur : trouver des solutions dans l’intérêt collectif, connectées à la recherche du bien commun et non du seul profit individuel. Je veux croire et je défends que ceci est partagé aussi bien par des coopératives d’entrepreneurs, que par des coopératives de consommateurs ou de salariés. Et que ceci peut être le moteur d’une force essentielle à notre économie donc à notre société, à un moment où il y a besoin d’exprimer des principes lumineux.
Nous pouvons trouver la force de participer d’un même élan, d’une même fraternité.
Nous sommes des entreprises souveraines, au moment où une rupture technologique sans précédent percute l’économie mondiale, et qui peut devenir une rupture éthique dès lors que la machine peut échapper à son créateur. Qui peut garantir que demain nous évoluerons dans un environnement dont les règles seront encore définies pour l’essentiel par des choix humains ? L’alternative à cette logique folle pourra-t-elle être autre chose que la constitution d’oligopoles technologiques et financiers surpuissants ?
Collectivement propriétaires de nos entreprises coopératives donc indépendants dans nos choix stratégiques, nous nous adapterons à cette nouvelle donne, mais dans la recherche d’un équilibre propre à ce qui fait notre force : un ancrage local non seulement incontestable mais aussi structurant pour notre développement ; une articulation dynamique entre les ressources nécessaires à nos activités, et une forme assumée de responsabilité territoriale ; une conviction profonde en matière de développement des compétences qui sera plus que jamais sollicitée dans les prochaines années.
Nous sommes partie prenante d’un mouvement mondial. Si nous savons regarder un peu plus loin que nos seules activités, nous pouvons trouver la force de participer d’un même élan, d’une même fraternité sur tous les continents, d’une même envie de promouvoir l’humanité avant tout. Nous en avons bien besoin dans le grand « tremblement du monde ». Démocratiques par nature, nous devons l’être aussi par principe. La paix est à ce prix.